Comment mesurer ou prévoir un comportement ?

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1°) L’auto-observation

Même lorsqu’elles n’existent que dans un seul secteur particulier, les difficultés tendent cependant à envahir l’ensemble de notre vie. Il arrive de ce fait fréquemment que nous ayons l’impression qu’elles sont incessantes, permanentes, présentes à tout instant.

Il est vrai que les comportements–problèmes sont souvent très envahissants, mais il est possible qu’ils ne nous empêchent pas totalement de fonctionner par ailleurs ; autrement dit, même avec un problème ou une souffrance constamment présente à l’esprit, nous pouvons parfois continuer à maintenir des capacités correctes dans notre milieu personnel, familial, ou même professionnel.

Le sentiment d’incapacité que nous pouvons éprouver alors, est peut-être parfois davantage dû à l’impression que nous avons de la réalité, qu’à la réalité elle-même : nous pouvons ainsi être découragés car nous avons l’impression d’avoir passé une journée à ruminer sur nos difficultés, à « broyer du noir », ou alors d’avoir été complètement soumis au comportement-problème, alors qu’en fait, même tendu et préoccupé, nous avons pu accomplir et mener à bien de nombreuses tâches.

Il est donc particulièrement important de pouvoir juger exactement de la fréquence des comportements-problèmes, ou de leur retentissement sur notre vie quotidienne. Le plus simple pour parvenir à ce but est de se livrer à une auto-observation régulière. Les pages suivantes vous fournissent des grilles d’auto-observation sur la semaine : remplissez-les très simplement, avec juste quelques mots. Vous verrez avec votre thérapeute si vous devez relever toutes vos activités, ou simplement un comportement en particulier.

Par exemple, une personne déprimée ayant le sentiment de ne plus rien faire chez elle, de n’être plus capable de rien, pourra noter toutes ses activités, même les plus modestes : elle verra alors si de manière RÉALISTE et OBJECTIVE il est vrai qu’elle ne fait plus rien chez elle.

Ou bien, autre exemple, une personne ayant le sentiment de faire sans cesse des crises d’angoisses aiguës empêchant toute activité pourra noter et relever au jour le jour le nombre et l’intensité de ses crises pour évaluer OBJECTIVEMENT combien elle en fait par semaine, et avec quelle intensité.

Le but est de pouvoir ramener ces fiches en séance pour discuter avec votre thérapeute afin d’évaluer l’importance du comportement-problème, son retentissement, les moments où il se produit dans la journée, les variations…N’hésitez pas à rajouter des indices pour indiquer toute information qui pourrait vous paraître importante à communiquer

2°) Prévision des activités

Un comportement-problème (qu’il s’agisse ici de comportements, de pensées ou d’émotions) peut nous handicaper de deux façons : – soit par la souffrance qu’il induit directement sur nous ou sur notre entourage, – ou alors par son retentissement : en effet pendant que nous pensons à nos problèmes, ou pendant que nous réalisons des actes entraînant des difficultés, nous ne faisons pas autres chose. Cet envahissement est particulièrement douloureux.

Pour lutter contre celui-ci, une technique est particulièrement efficace : il s’agit de la prévision des activités. C’est très simple : chaque soir, en envisageant la journée du lendemain, vous prévoyez ce qu’il vous paraît souhaitable et nécessaire, mais aussi et surtout possible de faire.

Autrement dit, vous vous fixez des objectifs pour la journée du lendemain. Le lendemain, vous entreprenez de réaliser ces objectifs, quoiqu’il arrive, sans vous poser de questions ; un peu comme vous prendriez un traitement prescrit par un médecin. Une patiente déprimée devait ainsi faire face à un déménagement très difficile pour elle, car cela signifiait d’abandonner la maison qu’elle avait construite elle-même.

Elle n’arrivait pas à se décider à préparer ses cartons. En utilisant la technique de prévision des activités, elle pût commencer à préparer son déménagement en prévoyant chaque jour à quel moment le lendemain elle ferait un quart d’heure de carton le matin, et un quart d’heure l’après-midi, ce qui bien que très peu, lui paraissait possible à supporter. Le fait de commencer ainsi lui permit petit à petit d’augmenter progressivement son activité et de mener à bien son déménagement.

Mais attention !! Les objectifs doivent être réalistes, c’est-à-dire que vous devez être quasi-certain de pouvoir les réaliser. Un bon objectif est un objectif que l’on est sûr à 95% de pouvoir réussir. Rien n’est plus mauvais pour le moral qu’un objectif que nous nous sommes fixé et que nous n’avons pas réussi à tenir. Le but ici est qu’en faisant le bilan de votre journée, vous puissiez prêter au moins autant attention aux points positifs que vous avez réussi à réaliser, qu’aux points négatifs liés au comportement-problème. Même s’ils sont très minimes, ces points positifs vous rassureront et vous permettront petit à petit de reprendre confiance en vous-même.

Vous trouverez dans les pages suivantes des fiches de prévisions et d’enregistrement de vos activités et de vos objectifs. Notez bien aussi le degré d’efficacité et la satisfaction avec laquelle vous avez sur le moment réalisé l’objectif.

Ramenez-les en séance et reparlez-en avec votre thérapeute : c’est autant de matériel bien réel et concret sur lequel vous pourrez travailler. Ces fiches pourront également vous être utiles pour mettre en œuvre des consignes demandées par votre thérapeute dans le cours de la thérapie.

2019-01-29T18:30:45+00:00